Comment créer son entreprise en Belgique en 2026 ? Les étapes dans l'ordre

Résumé

Créer une entreprise en Belgique se joue en huit étapes : choisir entre personne physique et société, rédiger le plan financier, ouvrir le compte bancaire, passer chez le notaire (société uniquement), s'inscrire à la BCE via un guichet d'entreprises, activer la TVA, s'affilier à une caisse d'assurances sociales, puis régler la mutuelle, le registre UBO et les assurances. En personne physique, l'ensemble coûte environ 200 € et tient en une semaine. En SRL, comptez 1 600 à 3 900 € hors apports et deux à quatre semaines.

Se lancer en Belgique demande moins de paperasse qu'on ne le croit, mais l'ordre des démarches compte : impossible d'activer sa TVA sans numéro d'entreprise, et impossible d'obtenir ce numéro pour une société avant le passage chez le notaire. Voici le parcours complet, avec les montants 2026 et les moments où un comptable fait réellement gagner du temps.

Avant de commencer : les conditions à remplir

Pour exercer une activité indépendante en Belgique, il faut avoir 18 ans, jouir de ses droits civils et être belge, ressortissant de l'Espace économique européen ou suisse. Les autres nationalités demandent une carte professionnelle auprès de la Région, sauf dispense liée au titre de séjour.

Le fameux certificat de connaissances de gestion de base n'existe plus nulle part. La Flandre l'a supprimé en 2018, Bruxelles le 15 janvier 2024 et la Wallonie le 1er octobre 2025. Vous n'avez donc plus de diplôme ni d'examen à présenter pour vous inscrire.

Restent les compétences professionnelles propres à certains métiers réglementés, comme une partie des métiers de la construction, de l'alimentation, du transport ou les professions libérales. Le guichet d'entreprises vérifie ce point au moment de l'inscription.

Étape 1 : personne physique ou société ?

C'est la décision qui conditionne toutes les autres. L'entreprise individuelle, ou personne physique, se crée en une visite au guichet. La société, dans neuf cas sur dix une SRL, demande un plan financier et un acte notarié, mais sépare votre patrimoine privé de celui de l'activité.

CritèrePersonne physiqueSRL
ResponsabilitéIllimitée : votre patrimoine privé répond des dettesLimitée aux apports
Capital de départAucunPlus de minimum légal depuis 2019, mais des capitaux propres suffisants justifiés par le plan financier
Acte de constitutionAucun, simple inscription au guichetActe notarié obligatoire
ComptabilitéSimplifiée possible sous 500 000 € de chiffre d'affairesComplète, avec des comptes annuels déposés chaque année
Impôt sur le bénéficeImpôt des personnes physiques, taux progressifs jusqu'à 50 %Impôt des sociétés à 25 %, 20 % sur la première tranche de 100 000 € sous conditions
Coût de création 2026Environ 200 €Environ 1 600 à 3 900 € hors apports

La société devient intéressante quand le bénéfice dépasse durablement ce que vous prélevez pour vivre, parce que ce surplus est alors taxé à l'impôt des sociétés plutôt qu'aux taux progressifs de l'impôt des personnes. Le seuil de bascule dépend de votre situation familiale, de vos autres revenus et de vos projets d'investissement : c'est la première question à poser à un comptable, chiffres à l'appui.

Les autres formes existent pour des cas précis : la SA pour les projets qui lèvent des capitaux, la SC pour les coopératives, la SNC et la SComm quand on accepte une responsabilité illimitée en échange d'une constitution sans notaire.

Étape 2 : le plan financier

Pour une SRL, une SA ou une SC, le plan financier est obligatoire. Vous le remettez au notaire le jour de la signature, qui le conserve. Le Code des sociétés et des associations impose qu'il couvre au moins deux exercices et qu'il contienne sept éléments :

  • une description précise de l'activité projetée ;
  • l'aperçu de toutes les sources de financement, garanties comprises ;
  • un bilan d'ouverture et des bilans projetés à douze et vingt-quatre mois ;
  • des comptes de résultats projetés à douze et vingt-quatre mois ;
  • un budget des recettes et dépenses sur deux ans au minimum ;
  • la description des hypothèses de chiffre d'affaires et de rentabilité ;
  • le nom de l'expert externe qui a aidé à le rédiger, s'il y en a un.

Ce document engage les fondateurs. Si la société fait faillite dans les trois ans et que les capitaux propres de départ étaient manifestement insuffisants au vu de l'activité prévue, ils peuvent être tenus personnellement responsables des dettes. L'expert externe n'est pas imposé par la loi, mais la Commission des normes comptables le recommande aux débutants, et c'est le premier moment où un expert-comptable intervient concrètement.

En personne physique, aucun plan n'est exigé. Un budget des vingt-quatre premiers mois reste pourtant le meilleur moyen de savoir si le projet tient, et il vous servira pour la banque.

Étape 3 : le compte bancaire et l'attestation

Pour une société, vous ouvrez un compte au nom de la société en formation et y versez les apports en argent. La banque délivre une attestation qui mentionne le montant, la dénomination de la société et le nom des fondateurs. Les fonds restent bloqués jusqu'à ce que le notaire confirme le dépôt de l'acte. Un apport en nature, du matériel ou un véhicule par exemple, demande en plus un rapport de réviseur d'entreprises et un rapport des fondateurs.

En personne physique, la loi n'impose pas de compte séparé, mais tout le monde le conseille : le numéro de compte est enregistré à la BCE, il figure sur vos factures, et mélanger dépenses privées et professionnelles complique chaque déclaration.

Étape 4 : l'acte constitutif et le Moniteur belge

La SRL, la SA et la SC naissent par acte authentique. Le notaire reçoit les statuts, le plan financier et l'attestation bancaire, fait signer l'acte et le dépose au greffe du tribunal de l'entreprise. Ce dépôt déclenche deux choses : l'attribution du numéro d'entreprise et la publication d'un extrait au Moniteur belge. La constitution peut se faire à distance, par visioconférence avec le notaire, sans surcoût.

Depuis le 1er mars 2026, la publication d'un acte constitutif de société coûte 286,17 € TVA comprise par dépôt électronique, ou 354,41 € sur papier. Les honoraires du notaire tournent entre 1 000 et 1 800 € hors TVA selon le cabinet et la complexité des statuts, auxquels s'ajoutent une centaine d'euros de droits d'écriture et d'enregistrement.

Vous créez une entreprise individuelle ? Cette étape ne vous concerne pas : passez directement au guichet.

Étape 5 : l'inscription à la BCE via un guichet d'entreprises

La Banque-Carrefour des Entreprises est le registre central des entreprises belges. On ne s'y inscrit pas directement, mais via un guichet d'entreprises agréé : Acerta, Liantis, Partena, Securex, UCM, Xerius et quelques autres. Le tarif est légal, donc identique partout : 111,50 € par unité d'établissement en 2026, sans TVA, indexé chaque année.

Le guichet enregistre vos activités sous forme de codes NACE, vos unités d'établissement, votre compte bancaire et votre date de début. En personne physique, c'est ici que naît votre numéro d'entreprise, souvent le jour même. En société, le numéro existe déjà grâce au dépôt de l'acte, et le guichet complète l'inscription avec les activités et l'adresse d'exploitation.

Ce numéro à dix chiffres vous suit partout : précédé de « BE », il devient votre numéro de TVA.

Étape 6 : l'identification à la TVA

Une fois inscrit à la BCE, et avant votre première opération, vous déclarez le début de votre activité à la TVA avec le formulaire 604A. Depuis 2025, il passe exclusivement par l'application e604 sur MyMinfin ; le guichet ou votre comptable peut s'en charger, comptez environ 70 € hors TVA au guichet. Le traitement prend une semaine, et l'oubli coûte 500 € d'amende.

C'est là que vous choisissez votre régime. Le régime normal impose des déclarations trimestrielles, mensuelles au-delà de 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le régime de la franchise, ouvert sous 25 000 € de chiffre d'affaires annuel, vous dispense de facturer la TVA mais vous prive aussi de sa déduction sur vos achats. Le bon choix dépend de vos clients et de vos investissements de départ.

Un point que beaucoup de starters découvrent trop tard : depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique structurée via Peppol est obligatoire entre entreprises belges, y compris sous le régime de la franchise. Choisissez dès le départ un logiciel connecté au réseau. Notre guide sur l'obligation de facturation électronique détaille ce qui est attendu.

Étape 7 : la caisse d'assurances sociales

Tout indépendant, en personne physique comme dirigeant de société, s'affilie à une caisse d'assurances sociales au plus tard le jour où il commence. Les guichets d'entreprises sont en général aussi des caisses, ce qui permet de tout régler en une fois.

En 2026, les cotisations s'élèvent à 20,50 % du revenu net jusqu'à 75 024,54 €, puis 14,16 % jusqu'à 110 562,42 €, et plus rien au-delà. Les premières années, vous payez des cotisations provisoires, régularisées quand l'administration fiscale connaît votre revenu réel.

À titre principal, le minimum trimestriel est d'environ 890 € hors frais de gestion de la caisse. Les primo-starters bénéficient d'un minimum réduit d'environ 480 € tant que leur revenu ne dépasse pas 8 972,07 €, et d'une remise automatique de 123,20 € sur le premier trimestre. À titre complémentaire, aucune cotisation n'est due sous 1 922,16 € de revenu annuel.

Une société paie en plus une cotisation annuelle à charge des sociétés, de l'ordre de 393 € au barème 2026 pour un petit bilan, à régler pour le 31 décembre. Les sociétés débutantes en sont exonérées pendant trois ans, à deux conditions : être une société de personnes, ce qui exclut la SA, et compter des gérants et une majorité d'associés actifs qui n'ont pas été indépendants plus de douze trimestres au cours des dix années précédentes.

Étape 8 : ce qui reste à régler

  • La mutuelle : signalez votre changement de statut pour garder vos droits en soins de santé et en incapacité de travail.
  • Le registre UBO : toute société déclare ses bénéficiaires effectifs dans le mois qui suit sa constitution, via MyMinfin, puis confirme les données chaque année. L'amende va de 250 à 50 000 €.
  • Les assurances : la responsabilité civile professionnelle est obligatoire pour certaines professions, l'assurance accidents du travail dès le premier salarié, et la responsabilité civile exploitation reste conseillée à tous.
  • Les autorisations sectorielles : enregistrement à l'AFSCA pour l'alimentation, licence Unisono pour diffuser de la musique, agréation d'entrepreneur pour les marchés publics.
  • Le personnel : un secrétariat social, l'inscription à l'ONSS et une déclaration Dimona avant l'entrée en service du premier salarié.
  • L'import-export hors Union européenne : un numéro EORI auprès de la douane.
  • La comptabilité : un logiciel adapté dès le premier jour, et pour une société le dépôt annuel des comptes annuels à la Banque nationale.

Combien ça coûte en 2026

PostePersonne physiqueSRL
Inscription à la BCE111,50 €111,50 €
Activation de la TVA0 à 85 €0 à 85 €
Honoraires du notaireSans objet1 000 à 1 800 € hors TVA
Droits d'écriture et d'enregistrementSans objetEnviron 150 €
Publication au Moniteur belgeSans objet286,17 € TVA comprise
Plan financier par un comptableFacultatif500 à 1 500 €
Total indicatifEnviron 115 à 200 €Environ 1 600 à 3 900 €

Les apports ne figurent pas dans ce tableau : ce n'est pas un coût, l'argent reste dans la société. Prévoyez ensuite les frais récurrents : les cotisations sociales, la cotisation à charge des sociétés, le dépôt des comptes annuels et les honoraires du comptable, en général entre 1 000 et 3 000 € par an pour une petite structure. Notre guide sur le coût d'un expert-comptable détaille ces montants.

Combien de temps il faut

En personne physique, le numéro d'entreprise est souvent attribué le jour même au guichet, et la TVA est active sous une semaine. Vous pouvez facturer en quelques jours.

En société, comptez deux à quatre semaines : une à deux semaines pour le plan financier, quelques jours pour l'ouverture du compte et l'attestation, le rendez-vous chez le notaire, puis le dépôt, l'inscription au guichet et l'activation de la TVA. Le plan financier est presque toujours l'étape qui fixe le calendrier.

Ce qu'un comptable prend en charge

Aucune démarche de création n'exige un comptable : le guichet inscrit à la BCE, le notaire constitue la société, MyMinfin active la TVA. En pratique, la plupart des starters en prennent un avant même l'inscription, pour trois raisons. Il tranche le choix personne physique ou société avec une simulation chiffrée. Il rédige le plan financier et engage son nom dedans. Il coordonne le reste : formulaire 604A, régime TVA, rythme des cotisations, demande d'exonération de la cotisation à charge des sociétés, logiciel connecté à Peppol, déclaration UBO.

Beaucoup de cabinets proposent la création sous forme de forfait, séparé des honoraires annuels. Demandez que le périmètre soit écrit dans la lettre de mission, et vérifiez l'inscription du professionnel au registre de l'ITAA.

L'annuaire AccountMap permet de filtrer les cabinets sur le service qu'ils déclarent : voir les cabinets qui accompagnent la création d'entreprise. Vous pouvez affiner par ville, par logiciel utilisé ou par type de clientèle, et contacter plusieurs cabinets avant de choisir.

Sources

Informations vérifiées le 18 septembre 2026.

Pour aller plus loin

Cet article a une vocation informative. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel inscrit sur votre situation particulière.

Questions fréquentes

Faut-il un capital minimum pour créer une SRL en Belgique ?

Non. Depuis le Code des sociétés et des associations de 2019, la SRL n'a plus de capital minimum. Les fondateurs doivent en revanche doter la société de capitaux propres suffisants pour l'activité prévue, et le justifier dans un plan financier couvrant au moins deux ans. Si la société fait faillite dans les trois ans avec des capitaux de départ manifestement insuffisants, ils peuvent être tenus personnellement responsables.

Peut-on créer son entreprise sans comptable ?

Oui, aucune démarche ne l'exige : le guichet d'entreprises inscrit à la BCE et peut activer la TVA, le notaire constitue la société. En pratique, la plupart des starters consultent un comptable avant l'inscription pour trancher entre personne physique et société, rédiger le plan financier et choisir le régime TVA, des décisions difficiles à corriger après coup.

Combien de temps faut-il pour créer une entreprise en Belgique ?

En personne physique, le numéro d'entreprise est souvent attribué le jour même au guichet et la TVA est active sous une semaine. En société, comptez deux à quatre semaines : le plan financier, l'attestation bancaire, le rendez-vous chez le notaire, le dépôt de l'acte, l'inscription au guichet puis l'activation de la TVA s'enchaînent dans cet ordre.

Faut-il encore prouver des connaissances de gestion de base ?

Non, plus nulle part en Belgique. La Flandre a supprimé cette exigence en 2018, Bruxelles le 15 janvier 2024 et la Wallonie le 1er octobre 2025. Certains métiers réglementés, dans la construction, l'alimentation ou le transport par exemple, exigent encore une compétence professionnelle spécifique, que le guichet d'entreprises vérifie à l'inscription.

Une entreprise créée en 2026 doit-elle facturer par voie électronique ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, toute entreprise belge assujettie à la TVA doit émettre et recevoir des factures électroniques structurées via le réseau Peppol pour ses opérations avec d'autres entreprises. L'obligation s'applique aussi aux starters et aux entreprises sous le régime de la franchise. Il faut donc choisir dès le départ un logiciel de facturation connecté à Peppol.

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