Qui paie l'impôt des sociétés
Toute société dotée de la personnalité juridique et établie en Belgique y est soumise, qu'il s'agisse d'une SRL, d'une SA ou d'une société coopérative. L'indépendant en personne physique, lui, relève de l'impôt des personnes physiques et n'est pas concerné.
La base imposable n'est pas le bénéfice comptable tel quel. On part du résultat comptable, puis on réintègre les dépenses non admises et on applique les déductions prévues par le Code des impôts sur les revenus. L'écart entre le résultat comptable et le résultat fiscal est souvent significatif.
Le taux réduit et ses conditions
Le taux réduit de 20 % sur la première tranche de 100 000 € n'est pas automatique. Il est réservé aux petites sociétés au sens du Code des sociétés et des associations, et il suppose notamment le versement d'une rémunération minimale à au moins un dirigeant personne physique.
Ce seuil de rémunération a été relevé de 45 000 € à 50 000 € bruts par an à partir de l'exercice d'imposition 2026, c'est-à-dire pour les exercices comptables clôturés au 31 décembre 2025 ou après (vérifié le 29 août 2026). Une société qui rémunérait son dirigeant à hauteur de l'ancien seuil peut donc basculer au taux plein sans avoir rien changé à son fonctionnement.
Un exemple chiffré
Une SRL dégage 100 000 € de bénéfice imposable et remplit les conditions du taux réduit. Elle paie 20 000 € d'impôt. La même société qui perd le bénéfice du taux réduit, faute d'avoir atteint le seuil de rémunération du dirigeant, paie 25 000 €.
L'écart est de 5 000 € pour une seule condition non remplie. C'est ce qui rend l'arbitrage sur la rémunération du dirigeant décisif, et c'est une décision qui se prend avant la clôture, pas au moment de la déclaration.
Quand déclarer
La déclaration à l'impôt des sociétés se dépose par voie électronique via Biztax. Elle s'appuie sur les comptes annuels approuvés, ce qui explique que les deux échéances se suivent de près dans le calendrier d'une société.
Ce qu'on confond souvent
Le bénéfice comptable et le bénéfice imposable ne sont pas le même chiffre. Certaines dépenses passées en charges dans la comptabilité ne sont pas déductibles fiscalement et sont réintégrées : une société peut donc afficher un résultat comptable modeste et payer un impôt qui paraît disproportionné.
Le calcul du taux réduit et le pilotage de la rémunération du dirigeant sont typiquement les sujets sur lesquels un expert-comptable apporte le plus de valeur, parce qu'ils se décident en cours d'exercice.