Bien choisir
Ce qu'il faut savoir : Comptables travaillant sur plateforme cloud en Belgique
Ce qui a rendu la question urgente
Depuis le 1er janvier 2026, la facturation électronique structurée est obligatoire entre entreprises assujetties établies en Belgique. Il ne s'agit pas d'envoyer un PDF par courriel : la facture circule au format Peppol BIS sur un réseau où chaque partie a un point d'accès. Concrètement, une entreprise doit pouvoir émettre et recevoir dans ce format, et son comptable doit pouvoir l'exploiter. Les cabinets déjà installés sur une plateforme connectée ont absorbé le changement ; ceux qui travaillaient au papier ont dû choisir un outil dans l'urgence.
Quatre plateformes, quatre rôles différents
Elles ne sont pas interchangeables, et un cabinet en utilise souvent deux. Yuki et Exact Online sont des comptabilités complètes en ligne, où le dossier vit du bout en bout. Octopus est un progiciel belge très répandu dans les bureaux de taille moyenne, avec un portail par lequel le client dépose ses pièces. Silverfin tient un rôle à part. Le produit ajoute une couche de travail et de reporting posée au-dessus d'un grand livre, qui sert à produire les dossiers de travail, les comptes annuels et les tableaux de bord. Un cabinet qui annonce Silverfin annonce donc une méthode de révision, pas un lieu de saisie.
Ce que le client y gagne, et ce qu'il y perd
Il y gagne la fin du classeur trimestriel, une TVA préparée sur des données déjà encodées, et la possibilité de poser une question sur un chiffre que les deux parties regardent en même temps. Il y perd un peu de liberté : la plateforme impose un flux, une manière de nommer et de transmettre, et le cabinet qui la maîtrise ne migrera pas vers un autre outil pour un seul client. C'est un arbitrage réel, pas un progrès automatique.
Trois questions à poser avant de signer
La première : qui paie la licence, le cabinet ou le client, et que devient-elle si la collaboration s'arrête. La deuxième : à quoi le client a-t-il accès, consulter ses pièces, ou aussi les balances et le grand livre. La troisième, la plus importante et la moins posée : que récupère-t-on en partant. Un export comptable complet et exploitable n'est pas garanti sur toutes les plateformes, et c'est ce qui détermine le coût réel d'un changement de cabinet trois ans plus tard. La réponse figure normalement dans la lettre de mission, obligatoire depuis 2020 entre un membre de l'ITAA et son client.